Listrac Médoc

   
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Historique de la commune

Les romains lui ont donné son Nom, les Anglais ont su l’apprécier, le XVIII  siècle lui a donné ses lettres de noblesses ... tel est LISTRAC, terre de vignes et d’Art où les hommes ont puisés leurs racines.

Alain VIAUT, historien et « fils du Pays » nous fait revivre quelques pages d’histoire d’un terroir intimement lié à l’histoire de ses vignes.
Les vestiges mégalithiques signalés au Maine de Lalande et à Peyrelebade (qui signifie « pierre levée ») rappellent l’importance des productions médoquines de la préhistoire, notamment pendant l’âge de Bronze.
Une cache trouvée au XIX ème siècle, a livré 14 haches du bronze moyen.

La période romaine a laissé à Listrac la formation de son nom, issu du bas-latin  « lista », « listra », (lisière, bordure, limite) « listra » pourrait correspondre à la situation géographique de listrac, placé à cheval sur la ligne de partage des eaux, les unes s’écoulant vers l’Est et les autres vers l’Ouest du Médoc.

Les Romains ont amené le développement de la vigne dans la région.

Dés le XVI ème siècle Listrac est connu pour ses vins, en particulier ceux produits sur les concessions des Donnissan.
Listrac profite d’une position avantageuse sur la « levada » (ancienne voie romaine).
Le commerce est favorisé vers l’Angleterre de 1152 à 1453.

Le XVème siècle marque également la fin de la grande époque féodale ; anciennement, cette paroisse dépendant de la Baronnie de Vertheuil. Au XVème siècle, elle passa au pouvoir de la Baronnie de Castelnau.
Quelques maisons nobles sont aussi à signaler, celle de Bernones, celle de Petit Judas, celle du Puy de Menjon.
En 1789, il y avait encore une maison noble qui appartenait au Chevalier Petit De Laburthe. Elle fut acquise au siècle dernier par le Baron Bernard de Saint-Afrique.
Signalons enfin l’existence d’un Château Fort dans le village de Donnissan.
En même temps que ses féodaux, le Médoc a eu ses serfs. Des affranchissements eurent lieu à Listrac en 1318. En 1470, tous les membres d’une famille sont affranchis. Leur droit de « questabilité » « est converti au devoir d’un tonneau de vin fust et une paire de poules à la feste de Saint Michel ».
En 1536, une autre chartre d’affranchissement nous signale une contre partie en barils de vin. Le vin apparaît donc, aux XV et XVIème siècles comme une ressource économique importante à Listrac.

Au XVII et XVIIIème siècles un nouvel essor commercial lié à l’extension internationale du port de Bordeaux, à la création par la Bourgeoisie parlementaire et les négociants de Grands Vignobles en Médoc.

Les noms des villages ne semblent pas avoir beaucoup changé depuis le Moyen-âge : Donissan, Bernones, Touleron, Libardac, Lalande, Le Tris, le Fourcas, Médrac, Semeillan ... peuvent se retrouver dans les chartres en latin de l’époque médiévale. Toutefois,certains noms de ces lieux sont de factures plus récentes.
Clarke vient d’une famille de cultivateurs du même nom qui demeurait au village des Granges au XVIIIème siècle.

La population passée de 1720 habitants en 1781 à 2035 en 1870 tend a se maintenir de nos jours autour de 1890 habitants.

La position du bourg marque un lien ancien avec les petits ports de Lamarque et Cussac sur la Gironde traduisant cette préoccupation antique en vue de la production et de la commercialisation du vin.

Une présentation sur Listrac serait incomplète si elle omettait de faire une place à l’art.
La découverte du bourg flatte l’œil pour qui vient du sud, l’église a gardé l’essentiel de ses origines romanes et gothiques.
Ce Listrac des lisières et des limites qui s’affrontent en un paysage d’une intime variété, confluent des originalités de la « lande » et de la « rivière » n’a-t-il pas influencé un des plus grands peintres de notre époque, Odilon Redon (1840-1916) ? C’est à Peyrelebade qu’il disait puiser les racines de son « art profond ». En 1911, il écrit dans son journal « à soi-même » : « ceci vous dira ce que me fit le détachement de la vieille maison de Peyrelebade, où ce que je fis de plus ardent, de plus passionné, de plus spontané vint surgir sous mes yeux toutes les surprises de moi-même, toute la conscience d’artiste, outre les souvenirs »
Un autre passage ou il évoque la vigne et le vin du Médoc tels que sa sensibilité d’artiste peintre les lui inspire : « sur la lisière de cette lande, longeant le beau fleuve, s’allonge étroit et resserré de vignes, le Médoc, avec ses résidences nettes, ses chemins étroits, son luxe de culture traditionnelle, où la terre est comme souveraine de tous les hommes riches et infortunés.
Le vin, qui la fit célèbre, domine tous les espoirs des habitants qui lui sacrifient tout de leurs ressources ou de leur labeur. Mais il vient ou ne vient pas, et pendant des années de disette, l’homme reste quand même assujetti au joug de sa culture. Domination mystérieuse. Il semblerait que ceux qui s’attachent ainsi à la vigne, sous un pouvoir occulte, travaillant obscurément, mais bien faisamment, à la durée nécessaire de ses sucs ; sorte de loi rétributive fixée à leur insu pour la délectation des êtres.
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